Fermeture sauvage de Renaud Bray
Le 1er mai, Renaud-Bray a annoncé la fermeture de la succurcale de Laurier. Le 1er mai, la journée de la fête des travailleuses et des travailleurs. Leur syndicat était en grève générale illimitée depuis le 6 décembre 2024 et réclamait notamment un salaire d’entrée de 1 $ de plus de l’heure au-dessus du salaire minimum. Cela signifie que ces travailleuses et travailleurs se retrouvent du jour au lendemain sans emploi.
Pour ces salariées qui se battaient pour une cause juste et honnête, c’est le constat amer que le pouvoir du patronat peut encore écraser les travailleurs en 2026.
Bien sûr, le milieu médiatique et les acteurs influents de droite tenteront une fois de plus d’accuser le syndicalisme d’être la cause de cette fermeture, mais nous ne devons pas être dupes. Casser la classe ouvrière, c’est ce que font des entreprises multimillionnaires qui refusent d’assumer leurs responsabilités et de mettre leur ego de côté face à des travailleurs qui demandent simplement du respect.
Nous croyons à la solidarité. Nous croyons aux luttes que nous menons. Nous croyons qu’au-delà des membres que nous représentons et des murs de notre organisation, nous devons nous soutenir et protéger notre droit d’association. C’est pourquoi nous soutenons les travailleuses et travailleurs de Renaud-Bray qui ont perdu leur emploi.
Nous vous invitons d'ailleurs à boycotter les autres bannières de Blaise Renaud : Renaud Bray, Archambault, Deserres, Griffon, Pierre Belvédère et Distributeur prologue.
Fractionnement des congés de maladie pour motifs personnels
Nous souhaitons vous informer qu’en vertu de l’article 23.29 des dispositions nationales de la convention collective, un arrangement local a été conclu afin d’offrir davantage de flexibilité dans l’utilisation des congés de maladie pour motifs personnels. Les parties ont convenu de permettre le fractionnement des trois (3) journées de congé de maladie pour motifs personnels en demi‑journées (½ journées). Cette mesure vise à favoriser une utilisation optimale de ces congés et à mieux répondre à vos réalités. Après approbation du gestionnaire, il sera désormais possible d’utiliser ces journées sous forme de ½ journées. Cette flexibilité s’applique à tous les membres de notre catégorie syndicale.
Saviez-vous que?
Lorsque vous avez un requis de voiture, en plus de bénéficier du kilométrage garanti et du stationnement remboursé, l’employeur, sous présentation de la preuve du paiement d’une prime d’assurance affaire pour l’utilisation de son automobile personnelle pour fins de travail, doit vous rembourser le montant de cette prime annuelle?
Nous vous invitons à lire la clause DN 25.06 pour de plus amples informations et n’hésitez pas à communiquer auprès de l’Employeur afin de connaître la procédure de remboursement.
On a besoin de vous !
Le secteur de Vielle-Capitale est activement à la recherche de trois personnes déléguées. Si vous êtes de ce secteur et êtes intéressés à joindre le conseil syndical ou si vous souhaitez plus d'information sur ce rôle, communiquez avec les responsables de ce secteur à csssvc@sptsss.com.
Vos revendications sont portées !
Lors de la tournée estivale du SPTSSS, vous avez été sollicité, notamment dans le cadre de la campagne Faire Front de la CSN, afin de connaitre pour ou contre quoi vous souhaitez lutter. Lors de la rencontre du 17 juin avec le PDG du CIUSSSCN, le SPTSSS a fait une intervention pour présenter à l'employeur les préoccupations que vous avez partagées. Nous avons entre autres nommé l'impact pervers des statistiques sur le travail, du non-remplacement des congés, de la charge de travail et de la détresse qui en découle.
Vous avez été des centaines à nous laisser un petit mot sur vos préoccupations vécues dans vos milieux. Nous étions prêts! Tous vos commentaires ont été exposés à la sortie du PDG de cette rencontre.
Celui-ci a pris le temps de les lire avec attention et a remercié le syndicat d'avoir porté à son attention ceux-ci, partageant ainsi les mêmes préoccupations que nous tous.
Assurez-vous que l'employeur a été informé qu'il sera assurément réinterpellé sur ces enjeux et que ces revendications seront portées au maximum de notre capacité. La santé mentale des travailleuses et des travailleurs est au cœur des démarches actuelles du SPTSSS qui continue de militer pour un réseau public, libre de la privatisation et de statistiques qui déshumanisent le réseau.
Mot du président en conseil syndical
Le 4 juin dernier, votre conseil syndical était en instance. Xavier Isabelle, président du SPTSSS a exprimé ses inquiétudes pour les membres.
Ça y est, ils y sont arrivés. Ils ont tué nos fabuleux CISSS et CIUSSS! Le deuil est amer, mais rassurez-vous, très chers collègues, car il sera dument remplacé… par la nouvelle usine de montage Santé Québec! Cette nouvelle usine est vraiment formidable. Elle vous prend en charge rapidement sur sa ligne de montage et leurs machines vont s’occuper de vous au quart de tour.
Tout d’abord, l’usine Santé Québec a les plus hauts standards en matière de performance et elle vous assure que toutesleurs machines, dans tous les domaines de la santé, vont exécuter toutes leurs tâches, de façon compétitive, dans un temps optimal, pour un maximum de client. « Pas le temps de niaiser, la machine doit rouler. »
Pour réussir ce tour de force, l’usine Santé Québec a usé d’ingéniosité en prévoyant de rigoureux critères que leurs machines vont suivent tous les jours… remplir tous les jours… compiler tous les jours… et évaluer tous les jours, afin de répondre aux objectifs de performance de l’organisation, et ce, sans toutefois diminuer le nombre de dossiers qu’ils vont traiter et on les forcera à fermer et prendre de nouveaux dossiers continuellement, pour atteindre leurs cibles… même si le client n’est pas totalement rétabli. « On leur laissera une trousse explicative et ils se soigneront eux-mêmes, bing bang, c’est réglé, au suivant, parce qu'il faut que ça roule ».
Et si vous vous demandez comment l’organisation va assurer l’accompagnement de ces machines dans la programmation des actes médicaux si les performances ne sont pas au rendez-vous, le siège social de Santé Québec va vous couper « Tin toué! ».
Ce qui est incroyable dans l’usine de montage Santé Québec, on met le citoyen au cœur de notre programmation. C’est pourquoi plus de 200 emplacements de machine ont récemment été fermés et qu’il est désormais demandé à nos machines de remplir des statistiques. Et si l’une de nos machines se brise (car ils s’en brisent de plus en plus), rassurez-vous, on ne les remplacera pas… « ben trop cher ». On va simplement attendre qu’elles reviennent et à la place, les autres machines compenseront. « Pis ça va péter encore plus, mais comme les listes d’attente vont baiser, c’est un mal nécessaire ».
Désormais, la nouvelle réforme de monétisation des services en fonction des rendements permettra à chaque usine du grand parc industriel d’usines de Santé Québec de se comparer avec les autres. Nous pourrons tous célébrer les grands gagnants de la productivité et nous pourrons aussi regarder de haut les usines perdantes. Une saine compétition dans un environnement de travail sous constante pression avec une clientèle de plus en plus complexe et des enjeux majeurs de rétention de personnel. C’est ainsi que nos machines pourront pleinement sentir combien elles ne sont pas bonnes (et se faire couper leur budget).
Je décris la situation en paraboles, mais nous sommes très inquiets. L’impression que nous avons c’est que Santé Québec a pris un tournant qui est d’avoir une organisation qui va valoriser une pratique professionnelle axée uniquement sur la statistique, sur la performance, sur les cibles et sur le rendement, qui prévoie appliquer sa réforme unilatéralement à tout le réseau, sans consultation, sans égard à vos réalités, à la complexité de votre clientèle et sans égard aux particularités régionales, c’est tragique.
Et dans les faits, c’est l’introduction des enveloppes budgétaires au volume, de la facturation à l’acte pour tous les soins. Soyons claires, c’est une réforme inquiétante ou chaque intervention est désormais associée à un tarif que les établissements percevront en conséquence. Tous les services vont passer à la caisse de Santé Québec …
Ainsi, pour citer l’étude de l’IRIS sortie en avril 2026 sur les changements apportés au financement du réseau de la santé, la chercheuse Anne Plourde mentionne : « le patient sera désormais considéré comme une source de revenus et on se concentrera désormais sur le volume d’activité sans tenir compte de la qualité, de la pertinence voir même sans considérer l’approche en santé de façon globale ». Cette réforme « implique d’importer une logique de marché, basée sur les prix et la concurrence, dans un secteur non marchandisé où les services ne sont généralement ni achetés ni vendus, du moins depuis la création du système public au Québec ».
Cela nous rapproche grandement d’une aire ou le patient sera bientôt sélectionné en fonction de sa rentabilité. Et qu’importe ce que la CAQ ou Santé Québec oseront dire de cette réforme sur les pratiques professionnelles basées sur les performances, il est clair que ce stratagème purement d’austérité va le faire payer cher à nos patients, à la population, à nos familles et à votre pratique.
Dans le contexte où cette pratique entrainera une culture de performance malsaine, une charge et une détresse mentale profonde, une pression constante de répondre à des standards qui seront déconnectés du travail humain que nous faisons et le tout, sous une menace constante de dé-financement de nos programmes, nous craignons que ce soit tout simplement de condamner à mort le réseau. Nous croyons donc que Santé Québec déroule le tapis rouge au privé.
Ma crainte, c’est que nous sommes désormais prisonniers d’un stratagème sournois ou la CAQ a légalisé la privatisation du réseau tout en diabolisant les syndicats et en s’attaquant aux contre-pouvoirs, afin d’être soustraite de toutes représailles possibles. De l’aveu même du CIUSSSCN, les statistiques sont désormais au cœur de tout et ce n’est pas près de s’arrêter. Nous comprenons que maintenant, ne pas produire, c’est risquer de se condamner, de perdre du financement et de perdre votre emploi. Cela m’inquiète et me préoccupe énormément et sachez que je talonne l’employeur sur les questions de statistiques et de charge de travail depuis 3 mois. Sans compter que l’on doit composer avec l’exercice de la mutualisation et du flux de service qu’opère Santé Québec au réseau de la santé qui annonce les prémices d’une désyndicalisation de plusieurs de nos membres.
Depuis 2 ans, la CSN, le Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CCQCA) et la Fédération des professionèles (FP) ont dénoncé cette réforme, mais se sont vus ignorés par un gouvernement très autoritariste et très antisyndical. C’est VOTRE voix qu’ils ont ignorée et je trouve ça scandaleux. Alors, on doit parler plus fort et on doit se faire entendre. Personnellement je refuse d’abandonner le réseau parce que j’y crois et c’est pour ça que je me trouve devant vous aujourd’hui…
Mais comme toutes les luttes, on va avoir besoin de vous. Je ne pourrai pas faire cette mobilisation seul. C’est pour ça qu’on est ici aujourd’hui, tous ensemble afin de dire non aux statistiques et non au travail qui déshumanise en vue de se préparer pour l’automne. On va avoir besoin d’exemples concrets, que vous partagiez vos réalités et vous allez devoir nous nourrir, car on
