« Allez-vous nous donner les moyens de bien faire notre travail? »

Par
Équipe SPTSSS
1/9/2026

Québec, 1er septembre 2026

Lettre ouverte aux partis politiques québécois

« Allez-vous nous donner les moyens de bien faire notre travail? »

Ça y est, la campagne électorale est bel et bien lancée. Pour le moment, les engagements des différents partis en matière de santé et de services sociaux sont encore de l’ordre des généralités et des grands principes. Alors qu’un propose d’abolir Santé Québec, l’autre promet de ne pas couper les budgets et un autre encore propose de revaloriser la première ligne et les CLSC.

C’est bien qu’on en parle, mais jusqu’ici, tout cela laisse les travailleuses et les travailleurs du réseau sur leur faim. C’est pourquoi le Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale (CSN) interpelle aujourd’hui les différents partis afin de leur demander de préciser leur pensée et leurs propositions pour le réseau.

Depuis presque deux ans, Santé Québec opère une grande transformation en matière de financement du réseau. Sous couvert d’augmenter l’accessibilité et le nombre de patients pris en charge, on introduit un mode de financement calqué sur la méthode de paiement à l’acte. On parle ici d’une pratique organisationnelle de financement axée uniquement sur la performance et sur la statistique. On introduit des cibles, on monte des tableaux, on évalue la performance, on collecte et on analyse des statistiques.

Par ses choix organisationnels, Santé Québec met en compétition les établissements, ce qui entraîne une culture de performance malsaine. En découlent une profonde charge mentale, une détresse réelle, une pression constante de répondre à des standards qui sont déconnectés du travail humain, le tout alimenté par une menace constante du définancement de nos programmes. Il faut absolument faire du chiffre, tout se mesure désormais au volume, pour se classer dans le tiers supérieur et conserver son financement.

L’important pour Santé Québec n’est plus de soigner l’humain, avec toute la complexité et la délicatesse que cela implique, mais de rencontrer des cibles de performance. Le patient n’est désormais ni plus ni moins qu’une statistique, une source de revenus, tandis que les travailleuses et travailleurs se sentent comme sur une chaîne de montage et voient leur autonomie professionnelle et leur jugement clinique s’effacer. Ultimement, c’est la qualité des soins prodigués qui sera mise à mal et c’est le patient qui en paiera le prix.

Nous invitons tous les partis à aller à la rencontre des acteurs du terrain dans le réseau pour comprendre leur réalité. Nous les invitons à rencontrer les professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux pour échanger sur leur vision du réseau et les solutions qu’ils proposent.

Il est urgent d’analyser le mode de financement du réseau de la santé et des services sociaux et d’en nommer les effets pervers. Il faut des engagements clairs.

En somme, nous n’avons qu’une question à adresser aux partis politiques québécois : allez-vous nous donner les moyens de bien faire notre travail ? Quelles sont vos propositions pour un réseau de santé et de services sociaux vraiment public ?

Cordialement,

Xavier Isabelle

Président du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale (CSN)

Équipe SPTSSS
1/9/2026